Ballade archenassienne


Publi le mardi 04 février 2003


Mardi 04 février 2003
Je n'ai jamais été ébranlée par des images télévisuelles. Peut-être mon indifférence presque inhumaine face aux événements de notre univers explique-t-elle cette attitude froide vis-à-vis des morts qu'on offre par dizaine, voire par centaine, le soir sur nos écrans. Et quand j'entendais Brigitte Bardot militer pour la sauvegarde des bébés phoques, je trouvais son combat aussi absurde que son intérêt pour cette affaire...

Et aujourd'hui, choc. Révolte, même. Je mange ma compote de pomme avec lenteur devant les informations, qui, comme j'en ai déjà parlé, m'agacent ne seraient-ce que parce qu'elles coupent tout dialogue familial. Je lève négligemment les yeux sur l'écran, entre deux cuillers. Un bébé phoque se fait assommer à coup de pic à glace. Une fois, deux fois... La banquise devient rouge sang. L'homme ne s'arrête pas. Et je crie. Je crie qu'il faut être malade pour passer ces images à l'heure du repas, que c'est scandaleux, presque intolérable. Je sors de la pièce en claquant la porte. Je m'arrête, dans le noir de la seconde. Je ne comprends pas. C'est la première fois de ma vie que je réagis aussi violemment.

Entre B.B. et bébés, on doit se comprendre. Sauvons les bébés phoques !!!


4 Commentaires :

Commentaire crit le jeudi 11 novembre 2004 à 12:43:10 (lien)
Charlène
Bonjour tout le monde moi j'ai n'ai plus qu'assée de ses massacres j'ai fait signer des pététion mais sans espoir. On dit que l'Homme est l'animal le plus intéligents, pour moi NON je ne comprend pas pourquoi un humain peut faire tant de mal a un animal inocent alors je le dit haut et fort STOP


Commentaire crit le lundi 10 février 2003 à 04:00:04 (lien)
Owen Meany
Bon courage ...


Commentaire crit le mercredi 05 février 2003 à 05:40:17 (lien)
Archenassa - http://www.archenassa.fr.st
:)

Hélas, trois fois hélas, je persiste dans mon envie de faire du repas "familial" et tente chaque fois de détourner l'attention de mes commensals par mes propos super intéressants du type "je suis allée voir un film aujourd'hui"... qui malheureusement ne font qu'agacer ceux qui suivent avec force intérêt ce journal télé. Je pourrais très bien changer de tranche horaire (et ainsi avoir le plaisir de manger seule dans un silence total...), mais ma tentative - désespérée ? - pour rétablir le dialogue ne marcherait pas très bien... Je crois que je vais apprendre à avaler mon repas en fermant les yeux... y'a du boulot...



Commentaire crit le mercredi 05 février 2003 à 02:44:01 (lien)
Owen Meany - http://owen.monblogue.com/
Salut,

Cela me rappelle un texte cynique de Philippe Gelluck, présenté à la radio en Belgique. C’est l’histoire d’un couple qui durant de nombreuses années avait pris l’habitude de manger en regardant le journal télévisé de 19h. Comme toi, ils ont fini par être écœuré par l’escalade de l’horreur : les attentats, les meurtres, la famine, le massacre des bébés phoques. Mais, a force de répétitions, ces images terribles ont atteint leur but : faire changer les mentalités. Dorénavant, ils mangent à 19h30 …



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Mardi 04 février 2003
Je viens de découvrir avec - je dois l'admettre - un petit rougissement que Zénon a parlé, entre plusieurs personnes, de mon retour sur monblogue. Je me suis sentie aussi gênée que lorsque quelqu'un vous complimente en face de vous. Cette attitude peut paraître puérile, peut-être. La fâcheuse habitude acquise depuis l'enfance à mettre sur ses joues une érubescence impossible à cacher à chaque fois qu'une chose gentille est dite.

Je lis les autres blogues. Sauf pendant ma petite "crise-loin-des-yeux-loin-du-net". Mais je n'oserais pas réagir, dire ce qui me plaît dans les mots d'autrui, ce qui m'amuse... J'ai déjà beaucoup de mal à faire (et à recevoir) des compliments dans la vie. Absurde, gêne parfois incompréhensible, étrangeté... chercher comment remercier ou comment faire comprendre qu'on a aimé, bafouiller, se perdre, se cogner dans ses propres phrases comme on fonce dans un mur, sentir le regard de l'autre, qui s'amuse ou qui croit que vous en faîtes trop, ce qui ne fait qu'ajouter à l'impression de déplacé...

Pourtant j'aime lire, j'aime parler pendant des heures avec un(e) ami(e) d'un livre, d'un film, d'une musique qui m'a touchée, révoltée, intéressée, amusée, agaçée... Mais à en rencontrer l'auteur, je perds tous mes moyens.

J'ai rencontré il y a quelques semaines Amélie Nothomb. Je suis Française, j'ignore si elle est connue au Québec, je suppose que sa renommée a du l'y précéder. J'aime beaucoup cette écrivaine. Même si le sujet n'est pas toujours bien traité, même si l'histoire pêche, elle a un style qui me fait dévorer ses livres sans interruption. Je lui ai écrite plusieurs fois, elle m'a répondue... puis elle a proposé de me rencontrer, suite à une séance de dédicaces qu'elle effectuait près de chez moi. Sautant sur l'occasion, j'accepte, je la vois et... je flanche. Adorable, elle tente de me faire sourire, me complimente sur mon collier, et je reste presque sans voix, lui posant à peine trois questions, me sentant tout à coup bizarrement affolée. Pourtant je ne suis pas "fan", je ne l'admire pas, je me contente d'apprécier ses écrits, mais toujours cette incapacité à dire à ceux qui m'ont plu autre chose que merci.

C'est donc tout ce que je vais dire ce soir :

...Zénon, merci...


Mardi 04 février 2003

Je veux me faire tatouer.

C'est une idée que j'ai en tête depuis plus de six mois. Et qui ne me lâche pas. Qui me taraude, qui m'obsèderait presque. Tout s'est vraiment déclenché une journée d'août dernier. Loin de chez moi, dans un lieu de villégiature on ne peut plus ensoleillé, avec la folle envie d'entrer dans toutes les boutiques de tatouage pour faire plaisir... à mes yeux. J'ai, je crois, toujours eu envie de m'en faire un. Mais aucun n'avait jusqu'alors retenu mon attention. J'avais un coup de foudre, je me raisonnais pour ne pas le faire sur le coup, au risque de regretter mon geste quelques jours plus tard, puis l'image se diluait dans ma mémoire et je me disais que si elle ne m'avait pas marquée, c'est qu'elle n'était pas celle que je désirais vraiment. Et voilà que ce jour-ci, accompagnée de ma soeur de sang, je tombe nez à feuille sur LE tatouage dont je rêvais. J'ai toujours cru qu'il s'agirait d'un dragon.

Il s'agissait d'une croix. Une croix cathare, si je ne me trompe pas, élancée, toute de noir (...et chair...), aux formes écartelées et si belle ! Ce tatouage avait été fait pour moi, je ne pouvais pas en douter. Fascinée par les croix depuis ma plus tendre enfance (non, ce n'est pas anormal... et en plus je ne sais pas trop si je crois en quoi que ce soit... la foi, vaste sujet, à développer plus tard, sans doute...), j'avais devant les yeux la plus belle, la plus aérienne, la plus... paradoxale des croix, pourrais-je dire. Entre ses bras d'une "pureté" indéniable, sans fioriture, se tenaient deux yeux, petits et portant sans nul doute la trace diabolique du pêcheur... La croix qui me ressemble, que je porte en moi depuis si longtemps, cette ambivalence entre le bien et le mal, ce souci de préserver son innocence et cet autre de développer mon machiavélisme naturel, cette croix était mienne, depuis le début, et celui - ou celle - qui la dessina, sans le savoir, la fit pour moi. Je devais me la faire tatouer vendredi, mais un contretemps m'en empêche, reportant à quelques jours, voire quelques semaines, l'ornement tant attendu. La ville n'est pas proche de chez moi, et je ne saurais quand j'aurais exactement le temps d'y retourner... mais j'y serais !!!


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